vrijdag 15 juni 2012

Amin Maalouf treedt toe tot de Académie française


Amin Maalouf, l’académicien qui roule les «R»

Ce jeudi 14 juin, l'auteur franco-libanais de «Léon l'Africain» faisait son entrée sous la Coupole. Avec son accent, évidemment. 

Amin Maalouf a fait rentrer un peu de Liban à l'Académie française, tout en faisant l'éloge de Lévi-Strauss, en plaidant pour un rapprochement entre Orient et Occident... et en expliquant d'où vient son accent. (c) Afp
Amin Maalouf a fait rentrer un peu de Liban à l'Académie française, tout en faisant l'éloge de Lévi-Strauss, en plaidant pour un rapprochement entre Orient et Occident... et en expliquant d'où vient son accent. (c) Afp
On a tort de prendre nos académiciens pour des notables somnolents qui, sous prétexte qu’ils ont l’immortalité devant eux, peuvent se permettre de lambiner entre deux séances du dictionnaire. En fait, ce sont des rapides. La preuve: l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf n’avait pas encore été reçu sous la Coupole par Jean-Christophe Rufin, ce jeudi 14 juin 2012, que l’on trouvait déjà son discours de réception sur le site de l’Académie française.
Comme l’exige une vieille coutume, il y fait l’éloge du personnage qui l’a précédé dans le fauteuil qu’il occupera désormais. Dans ce cas précis, ce n’était pas le premier habit vert venu, puisqu’il s’agissait de Claude Lévi-Strauss. Pas si évident pour Maalouf qui, en bon humaniste de notre temps, passe son temps à plaider pour un dépassement des différences entre les cultures, là où cet esprit chagrin de Lévi-Strauss invitait, plutôt, à mieux les (re)connaître pour que tout le monde respecte tout le monde. Il y avait, en somme, de quoi se demander comment l'adversaire des «Identités meurtrières» allait saluer la mémoire de l'auteur de «Race et histoire»
Amin Maalouf a pourtant bien fait le job, sans se contenter de saluer son aîné comme un anthropologue majeur. Il s’est souvenu de l’époque où, alors qu’il était «étudiant en sociologie à Beyrouth, dans les années soixante», l’anthropologue de «la Pensée sauvage» lui semblait «un auteur emblématique». Il a traité de «poète» le styliste de «Tristes tropiques», ce qui n’est pas si mal vu. Il est allé rechercher, dans les rêves de jeunesse de ce géant, la tentation avortée d’être un jour«le philosophe du parti socialiste», mais aussi une obscure candidature aux cantonales, dans les Landes, au début des années 1930. Il a rappelé à la fois la passion de l’écrivain pour la prose de Chateaubriand, son étrange «malaise ressenti au voisinage de l'Islam», et les griefs de l’ethnologue contre l’avidité du «monde occidental», contre ses touristes qui polluent tout sur leur passage, contre l’installation de l’humanité «dans la monoculture» mondialisée.
Et tout ça n’a pas empêché le romancier de «Léon l'Africain» de boucler son discours sur ses propres«rêves d’harmonie, de progrès et de coexistence», tout en se plaçant «sous le regard lucide de Lévi-Strauss»:
Ces rêves sont aujourd’hui malmenés. Un mur s’élève en Méditerranée entre les univers culturels dont je me réclame. Ce mur, je n’ai pas l’intention de l’enjamber pour passer d’une rive à l’autre. Ce mur de la détestation - entre Européens et Africains, entre Occident et Islam, entre Juifs et Arabes -, mon ambition est de le saper, et de contribuer à le démolir. Telle a toujours été ma raison de vivre, ma raison d’écrire, et je la poursuivrai au sein de votre Compagnie.»

«Après les roulements de tambour, les roulements de langue!»

Pourquoi pas, au fond, même si le plus politique de son allocution se situait en réalité au début, pour le moment où l’assistance écoute encore. Car quand un homme né à Beyrouth en 1949 annonce devant ce genre d'assemblée: «Après les roulements de tambour, les roulements de langue!», il y a de quoi s’attendre à ce qu’il ironise sur sa façon un peu trop orientale d’attendrir les «R». Ou qu’il s’en excuse poliment, pour ne pas avoir à baisser trop ostensiblement la tête comme un élève pris en faute. 
Avec Maalouf, pas du tout. Avant de se changer en prof d’histoire, et d’évoquer une époque lointaine où la France s’acoquinait discrètement avec les Turcs pour casser les pieds des Autrichiens, l’auteur des «Croisades vues par les Arabes» a préféré renvoyer ses nouveaux pairs à leurs ancêtres, en leur rappelant fort à propos que «ce léger roulement qui, dans la France d’aujourd’hui, tend à disparaître a longtemps été la norme»:
N’est-ce pas ainsi que s’exprimaient La Bruyère, Racine et Richelieu, Louis XIII et Louis XIV, Mazarin bien sûr, et avant eux, avant l’Académie, Rabelais, Ronsard et Rutebeuf? Ce roulement ne vous vient donc pas du Liban, il vous en revient.»
Jean d’Ormesson sait ce qui lui reste à faire, s’il veut continuer à défendre et illustrer convenablement la langue française sur les plateaux télé.
(bron: bibliobs)

Eerder schreef ik in Franstalige literatuur van nu en in De pen van Europa over Amin Maalouf. Een korte bio:

Amin Maalouf (1949) werd geboren in Libanon en woont sinds 1976 in Frankrijk. Hij werkte als journalist, maakte vele reportages over landen in oorlog, van Vietnam tot Iran. Hij was hoofdredacteur van Jeune Afrique. Maalouf is een reiziger en een verhalenverteller, een man die als geen ander met zijn ene been in de Arabische wereld staat en met het andere in het Westen. Hij beheerst zowel Westerse talen als het Arabisch. Met zijn werk probeert hij een brug te slaan tussen die twee werelden die steeds onverzoenlijker tegenover elkaar staan. Zijn boeken spelen zich af in verschillende eeuwen, in crisisperiodes waarbij de aandacht vaak uitgaat naar één al of niet historisch personage.
In 1983 verscheen Les croisades vus par les Arabes, daarna onder andere Léon l’Africain (1986), Samarcande (1988), Le Rocher de Tanios (1993, prix Goncourt), Les échelles du Levant (1996), Les identités meurtrières (essai, 1998), Le periple de Baldassare (2000) en Origine (2004). Nederlandse vertalingen van Maaloufs meest recente romans verschenen bij uitgeverij De Geus.

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